19 Février 2012
250 Pages
Octobre 2010
JC LATTÈS
20,00€ / 29,95$
Résumé
Le 2 mars 1998, la jeune Natascha Kampusch va pour la première fois à l’école à pied. Elle est enlevée sur la route par Wolfgang Priklopil, un ingénieur électricien d’une trentaine d’années. Elle réussira à s’échapper après 3096 jours.
Voici le récit de cette captivité terrible : pendant dix ans, elle restera enfermée dans une pièce de 5 mètres carrées, la plupart du temps dans le noir et pendant les six années suivantes elle sera son esclave domestique.
Sous le joug de la violence et surtout d’un terrible harcèlement psychique de son agresseur, elle réussira à résister à sa séquestration et à s’enfuir.
Un récit bouleversant et terriblement émouvant.
Mon Avis:
Tout le monde a entendu parler d'elle. Même moi, qui vit à 6 200 kilomètres du lieu où elle a vécu son calvaire. Dans cette autobiographie, elle nous raconte un peu son enfance avec une mère forte, aimante mais colérique et un père jovial, mais rarement présent. Elle nous décrit l'enfant qu'elle était, un peu ronde, qui manquait de confiance en elle, mais qui attend patiemment ses dix-huit ans pour enfin prendre en main sa vie et voler de ses propres ailes. Jusqu'au jour où, poussée par un désir d'autonomie, elle demande à sa mère de se rendre seule à l'école. Alors, tout bascule. Enlevée par Wolfgang Priklopil, elle ne sera ni tuée ni violée, comme tant d'autres jeunes filles de son âge à cette époque, mais elle subira autant de tortures physiques et psychologiques et ce, durant huit années.
Dans son livre, elle ne s'attarde pas autant aux sévices subits qu'aux processus psychologiques qui s'ensuivaient. C'est avec une lucidité teintée d'analyse psychologique qu'elle décrit la lente perte de son identité. Malgré tout, elle garde un soupçon de rébellion, elle refuse de s'agenouiller devant son ravisseur. Dans un même temps, elle explique pourquoi elle ne souffre pas du Syndrome de Stockholm. Natascha Kampusch a su découvrir quel esprit faible et malade se cachait derrière le criminel. Elle nous explique aussi comment, tout au long de sa captivité, elle a entreprit un processus de pardon, qui a empêché que la haine ou la colère ne la consume de l'intérieur.
C'est le témoignage d'un courage immense. Il ne faut pas oublier qu'elle était enfant lors de son enlèvement, qu'à à peine 10 ans, on est encore influençable et qu'on n'appréhende pas les évènements comme un adulte. C'est peut-être la faculté propre aux enfants de pouvoir s'adapter à tout qui l'a supportée durant ces huit années, mais au final c’est sa force intérieure qui l’a sauvée.
4/5